Restauration d’un corpus de dessins italiens du XVIIe siècle Salomé Vivenot
Février 2021
Restauration d’un corpus de dessins italiens du XVIIe siècle
Salomé Vivenot
Restauratrice d’art graphique diplômée de l’Ecole de Condé, Paris
Lors de ma recherche d’œuvre de mémoire pour mon master de restauration du patrimoine, spécialité arts graphiques, je suis entrée en contact avec la Fondation Renaud. Mon intérêt s’est immédiatement porté sur ce corpus de cinq dessins italiens qui présentait des problématiques intéressantes, notamment à cause du grand format de l’un des dessins et des techniques graphiques sensibles à l’humidité.

Lors de la prise en charge des dessins, leur état demandait une restauration afin de leur redonner un meilleur aspect esthétique, ainsi qu’assurer leur bonne conservation dans le temps.
Comme dans tout traitement de restauration, la première étape du traitement des dessins a été le dépoussiérage, effectué avec une brosse douce pour ne pas altérer le dessin.
L’un des dessins, une copie de la fresque de Raphael La rencontre de Léon Ier et Attila, a nécessité davantage de travail, et une réflexion plus poussée sur les choix de traitement. En effet, ce dessin est réalisé au crayon graphite et à la sanguine, une technique relativement sensible à l’eau. Le dessin était collé sur une carte rigide, celle-ci créait des tensions dans le papier et nécessitait d’être retiré. Pour cela, un apport d’humidité était nécessaire, afin de réactiver la colle et de permettre de le retrait de la carte.
Des tests ont été effectués afin de choisir la méthode la plus appropriée pour apporter suffisamment d’humidité pour réactiver la colle, sans altérer la technique graphique. Le choix s’est porté sur un gel de gomme gellane, appliqué au verso de l’œuvre. La gomme gellane permet de libérer l’eau progressivement et de manière contrôlée. En procédant zone par zone, et en contrôlant régulièrement le recto du dessin, la carte de doublage a été retiré.
Cette étape a permis de constater que la technique graphique était assez peu sensible à l’humidité, et qu’elle pourrait donc supporter un nettoyage afin d’atténuer le jaunissement général du papier. À nouveau la gomme gelanne a été employée, pour ses propriétés d’absorption cette fois. Les produits de dégradation, qui donne la couleur jaune au papier, sont solubilisés par l’eau, et absorbés dans le gel.

Un nettoyage similaire a également été effectué sur les autres dessins. Après nettoyage, les déchirures sont consolidées et les lacunes comblées.
Les dessins sont ensuite remis à plat et montés dans des passe-partout pour les protéger et assurer une bonne conservation.
Ce fut un travail très intéressant, notamment pour la réflexion et les recherches qui ont été nécessaires pour choisir les traitements les plus appropriés, afin de trouver le bon équilibre entre ce qu’il était nécessaire de faire, l’impact des choix de traitements sur les œuvres, et ce qui n’avait que pour but d’améliorer l’esthétique. Les dessins ont retrouvé un aspect esthétique satisfaisants et sont maintenant manipulables sans danger.
